FRANCE – Retour sur l’atelier d’échanges autour des techniques agroécologiques en contexte ouest-africain

Depuis plusieurs années, l’ADESAF accompagne les initiatives agroécologiques des populations rurales africaines. A contre-courant de la tendance de ces dernières décennies caractérisée par une agriculture industrielle et intensive pesant sur les écosystèmes les paysan.ne.s, l’agriculture agroécologique se présente comme une alternative mêlant responsabilité écologique, souveraineté alimentaire et respect des techniques traditionnelles.

Le 1e décembre dernier, Mariam Ouologuem, ingénieure agronome malienne et consultante de l’ADESAF sur les questions agricoles, a animé une formation auprès des membres de l’association à l’occasion du Festival des solidarités. Au programme : projection, ateliers et échanges de connaissances pour sensibiliser les membres à la thématique.

C’est le film « l’agroécologie dans l’oasis de Chenini : préserver ensemble » de Sofia Ben Messaoud et Laetitia Martin qui a ouvert les débats. Ce moyen-métrage nous emmène dans l’oasis de Chenini, dans la région de Gabès, au sud-est de la Tunisie. On y découvre que des techniques agroécologiques (fabrication de compost, économies d’eau, respect des saisons ou encore utilisation de semences paysannes), insérées progressivement sur ce territoire, ont permis d’endiguer une situation agricole longtemps préoccupante (assèchement des sources, pollution, abandon des terres, diminution du nombre d’emplois, manque de sécurité alimentaire,  élevage intensif, problèmes d’accès à l’eau). Ce film d’une trentaine de minutes plaide ainsi en faveur d’une transition agricole et alimentaire portée par les populations locales (paysans, consommateurs, techniciens, ingénieurs) dans le respect de la nature.

Cette formation s’est poursuivie par une activité participative, « la nappe tournante », où tous les participants ont été invités à réfléchir sur des problématiques agricoles préalablement définies. « Comment répondre au défi de l’accès à l’eau pour l’agriculture ? », « Comment redonner une image positive de l’agriculture ? » ou encore « L’agroécologie : pourquoi et pour qui ? ».

La multiplicité des réponses des membres a été l’occasion de présenter une vaste gamme de techniques agroécologiques, permettant de lutter efficacement contre la désertification des terres de culture, le chômage qu’elle induit, et les migrations auxquelles elle contraint. Mariam Ouologuem a ainsi présenté les techniques des cordons pierreux, du zaï ou encore l’utilisation d’insecticides naturels à base de feuilles de  neem (arbre monoïque aux nombreuses vertus). Ces méthodes sont particulièrement adaptées au contexte ouest-africain, comme l’ont prouvé les projets de maraîchage et d’arboriculture de Tiréli et d’Iréli (Mali) ainsi que celui de  Kokologho (Burkina Faso), accompagnés par l’ADESAF ces dernières années et où intervient Mariam.

Ces avancées techniques, qui sont développées dans le respect des traditions, de l’environnement et de l’organisation des sociétés africaines, font aujourd’hui face à une question cruciale : comment inciter les populations habituées à une agriculture intensive à repenser leur façon de produire et de consommer ? En effet, l’agriculture agroécologique ne peut pas se contenter de la partie technique assurée par les spécialistes, elle doit aussi s’inscrire dans une logique sociale (mise en place de coopératives villageoises, répartition équitable des terres, promotion des acteurs et des techniques agroécologiques auprès des populations locales, incitation à une alimentation diversifiée) afin de s’insérer durablement dans le paysage agricole africain.

Cet atelier d’échanges a pu être organisé grâce au soutien de nos partenaires : le Festival des solidarités, et le Fonds pour le Développement de la Vie Associative (FDVA) porté par la Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative du Ministère de l’Education Nationale.

Les commentaires sont fermés.