Burkina Faso – Favoriser la coopération entre les acteurs du Mali et du Burkina Faso : retour sur un atelier de capitalisation interrégional

L’ADESAF et son partenaire local, CBS (Comité Baoré Solidarité), accompagnent depuis 2017 un projet de « Transition agroécologique et consommer local à Kokologho », à 45km de Ouagadougou au Burkina Faso. Des agriculteur.trice.s sont formé.e.s et sensibilisé.e.s à l’agroécologie et 20 femmes coopératrices se sont regroupées au sein d’une Unité de Transformation de Céréales (UTC).

Du 11 au 14 mars 2019, un atelier d’échanges de pratiques et d’expériences a réuni les femmes de l’UTC et des agriculteurs-relais pour échanger avec quatre autres femmes bénéficiaires d’un projet de l’ADESAF de diversification maraîchère dans les villages de Tiréli et d’Iréli, à Sangha au Mali.

Près de 40 personnes ont répondu présentes durant ces quatre journées d’échanges.

Les femmes ont pu partager leurs expériences respectives, individuelles et collectives, dans une ambiance conviviale. Elles ont renforcé mutuellement leurs savoirs et leurs bonnes pratiques en matière de techniques de transformation grâce à des démonstrations. Elles ont, également, pu alerter sur les difficultés de commercialisation de produits transformés dans des contextes ruraux comme celui de Kokologho et, enfin, elles ont montré l’importance de la structuration en organisations de femmes autour d’une valeur essentielle : la solidarité.

« Cette rencontre a été une très bonne chose […], maintenant je me rends compte que ce n’est pas une activité facile. Rien ne sert de transformer quand on n’a pas de clients, il faut vraiment avoir des clients surs et qui [achètent] à des fréquences régulières » Mariam Ouologuem, Ingénieure agronome consultante pour l’ADESAF sur les projets de maraîchages au Mali.

Par ailleurs, les agriculteurs-relais ont aussi pu partager leurs réussites avec les femmes maraîchères et les femmes de l’UTC, notamment leur capacité à structurer des organisations communautaires solidaires via l’entraide dans la réalisation et la reproduction des techniques agroécologiques acquises, la création de caisses de solidarités autogérées, l’entraide pour arroser en continu les champs de maraîchages qui manquent d’eau, etc. La création d’une caisse servant d’assurance sociale dans la coopérative de femmes maraîchères au Mali a même été une source d’inspiration pour les femmes de l’UTC très intéressées pour mettre en place une telle caisse. 

Les agriculteurs-relais ont témoigné de l’efficacité des techniques agroécologiques et ont transmis ces techniques de production.

Commentaire de l’un d’entre eux : « On a compris que c’étaient les produits chimiques qui entraînaient la dégradation du sol et la faiblesse des rendements. Avant on étendait la surface cultivée pour espérer des rendements stables ou supérieurs, mais les rendements n’étaient quand même pas bon. Grâce à l’agroécologie, même si la superficie cultivée ne fait pas un hectare, on arrive quand même à  nourrir sa famille ».

Ces échanges permettent de capitaliser sur le projet et assurent de ce fait sa pérennité grâce aux enseignements tirés et au renforcement de capacité des acteurs, et ils initient une prise de conscience des intérêts partagés entre les populations.

 « J’ai beaucoup appris et beaucoup aimé […] et à mon retour je ferai tout pour transmettre ce que j’ai appris aux autres femmes », Douyon Salimata femme maraîchère à Ireli.

Cet atelier de capitalisation a été mis en œuvre avec le soutien du CFSI, Seed Foundation, Bien Nourrir l’Homme, ADESAF Occitanie et ADESAF Nouvelle Aquitaine.

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