ALLONNES SOUS LA LOUPE DES ETUDIANTS D’ISTOM

Le 31 janvier à Allonnes, c’était la finale. Non pas du foot, mais du diagnostic territorial des étudiants de l’ISTOM. On vous explique.

 Dans le cadre du programme Coopérer Autrement en Acteurs du Changement (CAAC pour les intimes) – qui vise en quelques mots à redéfinir la solidarité internationale – porté par le Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI), l’ADESAF avait passé commande d’un diagnostic territorial de la ville d’Allonnes auprès des étudiants de cette école d’ingénieurs agronomes (l’exercice faisait partie de leur programme d’étude). Mais pourquoi faire un diagnostic à Allonnes ? L’ADESAF fait pourtant du développement en Afrique non ?

C’est là toute la spécificité du CAAC : pour redéfinir la Solidarité Internationale, le CFSI souhaite rééquilibrer les relations souvent verticales et descendantes entre les acteurs du Nord (Associations, collectivités publiques, entreprises, syndicats) et les acteurs et populations du Sud. Pour cela, il faut créer du lien entre ici et là-bas, une relation profonde avec des fondements réels. L’ADESAF a participé en 2018 à « l’Initiative CAAC », petit programme introductif durant lequel un travail de recherche a été effectué sur deux villes, partenaires depuis plus de 15 ans, avec lesquelles nous travaillons sur différents projets de développement. Il en est ressorti un constat assez étonnant : Allonnes (ville en banlieue du Mans, en France) et Sangha (ville du pays dogon, au Mali) font face à trois enjeux communs !

  • L’agriculture durable (Souveraineté et sécurité alimentaire)
  • L’inclusion socio-économique des femmes et des jeunes
  • Les échanges intergénérationnels

Il faut voir dans ces trois enjeux des difficultés à surmonter et dans ce constat commun une opportunité à saisir. C’est là qu’intervient l’ADESAF : nous cherchons à faciliter et favoriser les échanges, les idées et les projets entre les deux villes.

 Il fallait en savoir davantage sur les deux villes car l’initiative était un premier jet, une esquisse. Les étudiants de l’ISTOM ont ainsi permis à l’ADESAF d’avoir une étude de terrain complémentaire sur Allonnes. Une première restitution avait été organisée le 29 novembre afin de présenter les éléments rassemblés, non raffinés. Quelques mois plus tard, le 31 janvier, c’était la restitution finale. Les étudiants nous ont communiqué en amont un rapport, que nous avons pu lire et qui a servi de base de discussion, ainsi qu’une fiche concernant la méthodologie appliquée, que nous avons transmise à Mouctar Kassogué, notre Coordinateur d’Action Sociale au Mali, pour qu’il l’applique à Sangha. Ce rapport était divisé en plusieurs parties (Objectifs, Méthodologie, Analyse des dynamiques et des freins par enjeu, les acteurs et les leviers d’actions identifiés) et apportait des éléments complémentaires au travail précédemment présenté.

De notre côté, nous avons fait un point sur le projet de développement local à Iréli (Mali) – sur lequel se greffe le programme CAAC – ainsi qu’un bref historique du travail de l’ADESAF dans le CAAC. Les étudiants ont présenté leur diagnostic thème par thème, reprenant la dialectique analyses, freins, propositions. La présentation a donné lieu à une discussion sur certains concepts, qui demeurent flous et qui sont pourtant au centre de l’étude, comme les « invisibles ». Si la pertinence du terme n’est pas assurée, il faut y comprendre un ensemble d’individus à distance des institutions et des structures du commun (associations, clubs, structures publiques, etc…) sur lesquels on a très peu de visibilité. Le dernier temps de la séance était consacré à la réflexion. Comment mettre en place des actions ici et là-bas pour plus de réciprocité ? De nombreuses idées ont été évoquées, parmi lesquelles on peut citer une mission d’échanges entre jardiniers (par exemple par la venue d’un Allonnais à Bamako), davantage de lien entre le Conseil des Jeunes allonnais et le Conseil des Jeunes de Sangha, des échanges de graines et de recettes et des ateliers culinaires. Le programme ne saurait se passer d’une réflexion sur les problèmes de sécurité qui parasitent la relation Allonnes-Sangha. L’instabilité au Mali nous impose de trouver des solutions pour renforcer la communication sans possibilité de se rendre à Sangha. Des supports pour échanger, comme des outils numériques (application, plateforme, site) ou postaux, sont encore à inventer !

 Pour la suite, une mission de l’ADESAF à Bamako est prévue en avril pour continuer la mise en œuvre des activités de  ce programme stimulant.

Ce projet bénéficie du soutien de la Mairie d’Allonnes, de la Région Bretagne Pays-de-la Loire, du CFSI, de la Fondation Un Monde par Tous, du Fonds de dotation Levêque, du programme Bridge 47 et de l’Union Européenne.

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